Le 23 avril 2026, lors de l’événement « Objectif Reprises » organisé à Bercy, le gouvernement a officiellement placé la transmission d’entreprise au rang de grande cause économique nationale. Porté par Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, ce plan structurant vise à répondre à un enjeu majeur : assurer la continuité du tissu économique français dans les années à venir.
Un défi massif pour l’économie française
La transmission d’entreprise n’est plus un sujet périphérique. Selon la Direction Générale des Entreprises (DGE), près de 500 000 dirigeants partiront à la retraite dans les dix prochaines années, mettant en jeu plus de 3 millions d’emplois. À plus court terme, ce sont 350 000 entreprises qui devront trouver un repreneur d’ici cinq ans. Une réalité préoccupante s’impose cependant : une entreprise sur deux ne trouve pas de repreneur.
Dans un pays où 98 % du tissu économique est composé de PME, l’enjeu est crucial. Sans anticipation ni accompagnement, le risque est réel : fermetures d’entreprises, pertes de savoir-faire et désertification économique de certains territoires.
Le plan « Objectif reprises » : une stratégie structurée
Pour répondre à cet enjeu, le plan lancé par Serge Papin repose sur une approche globale articulée autour de trois axes, avec un objectif clair : fluidifier et sécuriser les transmissions d’entreprises.
1. Informer et sensibiliser cédants et repreneurs
Le premier axe vise à lever les freins liés au manque d’anticipation et d’information :
- La Prise de contact individuelle avec chaque dirigeant de plus de 55 ans, afin de les sensibiliser aux enjeux de la transmission.
- La Mise à disposition d’un guide pratique complet pour « réussir la reprise et la transmission » d’une entreprise, qui reprend étape par étape le processus de transmission et les différentes actions et dispositifs qui peuvent être sollicités.
- L’intégration de la reprise d’entreprise dans la culture entrepreneuriale des jeunes, notamment dans les lycées professionnels et l’enseignement supérieur, via le déploiement de contenus pédagogiques et la valorisation de cette voie.
- La Mobilisation des experts-comptables comme relais clés, via des actions de sensibilisation dans chaque département.
Ce volet est essentiel : aujourd’hui, moins de 30 % des cédants engagent une démarche de transmission plus de deux ans avant la cession, ce qui entraîne des cessions précipitées, souvent sous-optimales.
2. Faciliter la rencontre entre cédants et repreneurs
Le deuxième axe vise à résoudre l’un des principaux freins : la mise en relation.
- La transformation de la bourse de la transmission de Bpifrance en une véritable plateforme de mise en relation, assimilable à une « application de rencontre » entre cédants et repreneurs.
- L’organisation d’événements réguliers en région, favorisant les rencontres et les opportunités.
L’objectif est clair : réduire l’asymétrie d’information et accélérer le rapprochement entre les parties, en structurant un marché encore trop fragmenté.
3. Soutenir et accompagner les opérations
Enfin, le troisième axe vise à sécuriser les transmissions via des dispositifs adaptés :
- La préservation de la transmission familiale, notamment via le pacte Dutreil encore méconnu par plus de 4 dirigeants sur 5.
- Le soutien à la reprise par les salariés, via l’actionnariat et le partage de la valeur.
- Le développement de solutions comme le crédit-vendeur.
- La mobilisation renforcée des outils de financement de Bpifrance et une meilleure diffusion des dispositifs existants.
Anticiper : la clé d’une transmission réussie
Un des messages forts du plan « Objectif reprises » est l’importance de l’anticipation. Transmettre son entreprise ne se résume pas à une opération financière : c’est un processus stratégique qui implique :
- La préparation de l’entreprise (organisation, gouvernance, performance).
- La valorisation au juste prix.
- La recherche du bon repreneur.
- La gestion de la transition.
Une anticipation insuffisante peut conduire à des cessions précipitées, voire à l’absence de repreneur.
La reprise, un modèle vertueux
Au-delà de l’enjeu économique, la reprise d’entreprise présente des atouts solides :
- Un taux de pérennité supérieur à celui des créations.
- Une meilleure productivité.
- Et généralement un chiffre d’affaires plus élevé dès le départ.
Encourager la reprise, notamment auprès des jeunes, constitue ainsi un levier puissant de dynamisation économique.
Une gouvernance et un suivi dans le temps
Le plan « Objectif reprises » s’inscrit dans la durée. Il prévoit la mise en place d’un comité national, décliné au niveau régional, qui s’assurera du suivi trimestriel des actions et de laremise d’un rapport final d’évaluation au second semestre 2027.
Cette structuration vise à assurer l’efficacité et l’adaptation continue du dispositif.
En conclusion
En érigeant la transmission d’entreprise au rang de grande cause économique nationale, le gouvernement envoie un signal fort : la continuité des entreprises est un enjeu stratégique pour l’avenir économique du pays.
Si les outils et dispositifs se structurent, leur réussite dépendra largement de la capacité des dirigeants à anticiper et à se faire accompagner. Dans ce contexte, la transmission n’est plus une simple étape de fin de cycle, mais bien un projet stratégique à part entière.
Face à la complexité des opérations de transmission, l’accompagnement par des experts apparaît comme un facteur clé indispensable.
Chez NG, nous accompagnons les dirigeants à chaque étape de leur projet de transmission, que ce soit à travers la réalisation d’audits de cession (Vendor Due Diligence) ou d’audits d’acquisition (Buyer Due Diligence), afin de sécuriser leurs opérations et maximiser la création de valeur.